2 jours en raquettes dans le Valgaudemar

Vous n’avez jamais trouvé cela frustrant de tant vous entraîner à courir et d’en avoir si peu d’utilité dans la vie quotidienne ? On ne court pas faire ses courses au marché. On ne court pas non plus à la banque remplir son compte courant. Et d’ailleurs, si tout le monde courait en permanence, nous vivrions sans doute dans une ville de fous.

Néanmoins, pourquoi ne pas essayer de nouvelles activités, que la course à pied aiderait à pratiquer ? A ce titre, j’ai découvert la randonnée en raquettes, lors d’un weekend dans le Valgaudemar:

La randonnée hivernale est soumise à des aléas climatiques et météorologiques dangereux. Bien s’informer et être accompagné de personnes compétentes sont essentiels.

Nous avions pris nos billets de train pour Grenoble, depuis plusieurs semaines. Aux vues de la super météo annoncée, nous avons choisi une vallée dans les Ecrins plus sauvage et moins fréquentée, le Valgaudemar. Niveau matos, aucun investissement. J’ai repris mon legging des jours polaires, pantalon de rando imperméable et chaussures de rando. J’ai emprunté une paire de guêtre, raquettes, et le trio : pelle-sonde-ARVA. Après 1h40 de route et une escale dans une délicieuse boulangerie qui proposait d’appétissants tourtons aux pruneaux, nous sommes arrivés sur zone. Il avait neigé toute la nuit et la montagne qui se présentait à nous était entièrement drapée de blanc. Une fois équipés, les raquettes chaussées, les ARVA branchés, et les tourtons soigneusement rangés à portée de main, nous sommes partis mettre nos premiers coups de raquettes. La montée s’est faite en 2 temps, une première partie assez lisible, portée par la satisfaction de tracer notre chemin dans une neige immaculée, mais néanmoins ponctués de nombreux arrêts pour retirer une couche de vêtement, resserrer une fixation ou prendre des photos de la vallée, qui se dévoilait un peu plus derrière chacun de nos pas. La seconde partie, plus exposée, nous a fait passer sous d’anciens couloirs d’avalanche. La vigilance est montée d’un cran, les pauses moins régulières mais l’ascension plus rythmée. Après 3h30, à sillonner la montagne, le refuge se dévoila enfin ! Les tourtons avaient disparu.

L’itinéraire nous a conduit jusqu’au refuge des Souffles: refuge non gardé l’hiver, sans électricité, sans gaz, sans WC … Seulement un poêle dans la salle commune et un dortoir à l’étage. Très vite la priorité a été donnée à faire un énorme feu dans le poêle pour chauffer la pièce, sécher nos affaires et faire fondre de la neige afin d’avoir de l’eau à disposition. Cela nous a évidemment permis d’étaler tout notre savoir sur comment faire un feu et partager nos tips and tricks principalement glanés dans des épisodes de Koh Lanta. Après une heure, la pièce a atteint une température convenable, on a pu profiter de notre fin d’après-midi pour jouer à des jeux de société et feuilleter les BDs de la bibliothèque en sirotant une boisson chaude. Notre dîner, pris à 19h, s’est composé d’une saucisse sèche en guise d’apéro, de différents lyophilisés Decathlon, et d’un verre de rhum arrangé. Les douces saveurs de vanille et de café, nous ont rappelé notre journée laborieuse et notre besoin de reposer nos corps éprouvés. L’installation dans le dortoir fut épique. Celui-ci n’étant pas équipé d’un chauffage au sol, nous sommes chacun emmitouflé dans 5 couvertures. C’est sous le poids non négligeable de ces dernières que nous avons trouvé facilement le sommeil.

Le matin nous avions prévu de monter jusqu’au col, situé à 200m au-dessus du refuge, avant de redescendre en vallée. C’est équipé et prêt à sortir que les tourtons m’ont rappelé qu’il aurait été sans doute plus raisonnable d’opter pour ceux au riz, plutôt qu’au pruneau. Encore aurait-il fallu que des tourtons au riz existent. L’exposition au risque d’avalanche a eu finalement raison de notre excursion. Après avoir remis le refuge en ordre et refait les réserves de bois, nous sommes redescendus en vallée. Si la montée de la veille s’était faite au rythme des discussions, la descente fut plus contemplative, laissant à chacun le temps de divaguer dans ses pensées.

Comment ne pas saluer les bienfaits de la course à pied lors d’une activité comme celle-ci ? Il est évidemment qu’un bon cardio et une condition physique adaptée aident à profiter et apprécier pleinement ces excursions. La boulangerie aux tourtons était malheureusement fermée le dimanche. Une fois rentré à la maison, c’est ressourcé et plein de souvenirs que nous avons repris le cours de nos vies, mais cette fois-ci en mode raquette !

Retour en haut